La presse en parle : Le Périgord peint de Lucien de Maleville aux enchères

Commencée dimanche 29 Janvier 2017, une belle vente mobilière comprenant sept huiles sur toile du peintre postimpressionniste périgourdin se poursuit cet après-midi.

« Placez-vous devant  ! N’hésitez pas  ! Vous entendrez mieux les enchères et verrez mieux les objets ». En deux minutes, une cinquantaine d’acheteurs potentiels s’assoient sous le chapiteau installé à l’arrière d’une belle demeure du centre-bourg de Savignac les Églises. La vente du mobilier de l’auguste bâtisse du docteur et de la juge Maleville peut commencer. « À votre première enchère, donnez votre nom, votre adresse et un moyen de paiement », précise, marteau en main, le commissaire-priseur périgourdin Aurèle Biraben. Bonnes affaires

Deux grands portemanteaux et un valet de chambre contemporains  ? Adjugés 5 euros. Sept bouteilles de vin dans un panier d’osier tressé  ? 25 euros. Deux chaises « coin du feu »  ? 10 euros. Un lot de bijoux dont un collier Chanel dans une coupelle en métal argenté  ? « Pas de regret  ? », demande une dernière fois Me Biraben, avant d’abattre son marteau. Adjugé 35 euros. Un portrait de sainte miniature sur ivoire  ? Laissée à 40 euros.

La maison de famille laisse échapper à tous les vents ses trésors accumulés pendant des décennies. Hochements de tête ou mouvements de la main, coups de marteau… La caverne d’Ali Baba périgourdine se vide, parfois contre presque rien. Une table en noyer du début du XIXe siècle, parfaite pour un bureau, une chambre, un atelier ou une cuisine  ? Adjugée 20 euros. Un escabeau d’atelier et un autre en métal  ? 20 euros. Une vente aux enchères est toujours l’occasion de faire de (très) bonnes affaires. Encore faut-il apprécier les charmes de l’ancien. « Ce ne sont que des vieilleries », railleront ceux qui conçoivent de n’acheter que du neuf et du contemporain.

dimanche après-midi, 389 premiers lots ont été dispersés à un rythme effréné. Du tout-venant. De la gnognotte, comparé aux 437 lots qui attendent de trouver preneur cet après-midi. Fini la rigolade, aujourd’hui, c’est du lourd et du sérieux. Du Louis XIII, du Louis XV… Restauration, Empire… Il y a de tous les styles et de toutes les époques. « Une belle vente comme celle-ci, l’étude en propose quatre à cinq par an, explique Me Biraben. On a ici un bel ensemble de meubles et de porcelaines régionales ». Et le régionalisme a toujours son lot d’amateurs acheteurs.

Le musée chez soi

Combien seront-ils, cet après-midi, à se serrer sous le chapiteau dressé dans la cour de la maison de Savignac les Églises  ? 50, 100, 200  ? La foule devrait être au rendez-vous, assure Me Biraben, sûr de son fait. Pas tant pour les commodes et vaisseliers charentais du XIXe siècle que pour les sept tableaux de Lucien de Maleville. Ces huiles sur toile ou panneau de bois du peintre périgourdin postimpressionniste constituent le clou de la vente. Sur les sept tableaux, deux n’avaient pas été répertoriés. De quoi encore pimenter la curiosité. « L’artiste a été très prolixe. Même l’association Lucien de Maleville ne connaît pas toutes ses œuvres », confie le commissaire-priseur.

« Les rochers de Caudon », « La feuillade à Cénac » et « La Dordogne au-dessus de Vitrac » vont-ils atteindre des sommets  ? Plusieurs milliers d’euros, assurément. Si ce n’est plus. Voilà ce qu’il faudra débourser pour avoir, chez soi, un petit bout de Périgord et de musée. Périgueux, sa ville natale, lui a consacré une rétrospective il y a deux ans. L’été dernier, une exposition à l’Ancien évêché, à Sarlat, a révélé « Les Périgords noirs de Lucien de Maleville ». Rien que d’assister aux enchères qui grimperont, cet après-midi, dans la salle, par téléphone ou via Internet, constitue en soi un spectacle qui vaut le coup d’œil. « Placez-vous devant  ! N’hésitez pas  ! Vous entendrez et verrez mieux  ! »

[source :sud ouest]