La presse en parle :La Dordogne, première productrice française de truffes noires

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L’ancien président jean-pierre audivert a reçu la médaille de la trufficulture pour vingt ans d’engagements

Une bonne saison en Dordogne avec huit tonnes et des résultats désastreux dans le Sud-Est donnent un résultat inédit.

Ce n’était plus arrivé depuis des décennies : la Dordogne est à la première place nationale de la production de truffes noires pour la saison 2017–2018. Le département a produit un peu plus de huit tonnes entre novembre et mars, sur une production nationale qui ne pourrait guère dépasser les 25 tonnes cette année, soit la moitié d’une année normale, explique le président national des trufficulteurs, le Gardois Michel Tournayre. En cause : la sécheresse de l’été 2017 au moment où ces champignons souterrains se forment. Le Sud-Ouest a connu des orages salvateurs.

Ce bilan flatteur a été répété avec fierté samedi matin lors de l’assemblée générale de la Fédération départementale des trufficulteurs du Périgord qui se déroulait à Savignac-les-Églises. Faute de production dans leur région, les courtiers du Sud-Est sont venus en nombre acheter au prix fort sur les marchés de Dordogne où ils ont trouvé la qualité et la quantité : les cours sont montés jusqu’à 1 100 euros autour des fêtes. Le groupement Unitruffes, créé pour soutenir les cours, n’a acheté que 250 kilos, qui sont revendus une fois transformés. Le nouveau président verteillacois Alain Klemeniuk souligne le travail effectué depuis des années par la Fédération pour aider ceux qui veulent planter. « La truffe peut être un revenu d’appoint pour les agriculteurs sur les terres les plus pauvres. Il faut savoir que depuis 2015 ces plantations sont éligibles aux aides de la PAC. »

La taxe sur le défrichement

Agriculteur lui-même, il espère convaincre une centaine de ses confrères via la chambre d’agriculture « en développant la filière truffe ». La Dordogne compte environ 2 000 hectares de truffières organisées et leur développement permettrait d’augmenter la production « à raison d’environ huit kilos par hectare et par an ».

La taxe sur le défrichement (5 000 euros par hectare) est un frein à la plantation comme a pu s’en rendre compte un investisseur à Sorges. Le député Jean-Pierre Cubertafon, coprésident du groupe truffe à l’Assemblée, s’est emparé du dossier et espère bien faire passer un amendement, avec le soutien du sénateur Claude Bérit-Debat qui travaille déjà sur le sujet.

Même si elle reste aléatoire en raison de la météo, du sol, des techniques et des plants, la récolte des truffes fait toujours rêver du monde. Un investisseur vient d’acheter une cinquantaine d’hectares déjà en partie plantés sur la commune de Savignac-les-Églises.

50 hectares à Savignac

Ce sera à terme l’une des plus grandes et plus modernes truffières du département. Une nouvelle qui procure beaucoup de plaisir au président du groupement local, Xavier Montet.

La Fédération départementale compte 1 550 adhérents qui se répartissent en huit groupements depuis la fusion de ceux de Verteillac et de Brantôme.

Il y aura toujours 12 marchés officiels l’hiver prochain. Une organisation créée durant les vingt ans de mandat de président de Jean-Pierre Audivert, ancien professeur en lycée agricole, qui a passé la main l’an dernier. Il a reçu la médaille de la trufficulture en guise de remerciement. « Pour moi c’est tout sauf une médaille en chocolat », a-t-il souligné.